La Fit’obsession : quand le fitness contrôle ta vie

Refuser un repas au resto sous couvert de « devoir » aller à la muscu ou de « devoir » respecter sa diète. Ou accepter, mais passer le repas « déconnecté » du moment, à essayer d’estimer le total calorique ou à se demander quand rattraper sa séance.
Se blesser, et s’ennuyer car la vie se remplit d’un grand vide.
Se blesser, et paniquer à l’idée de prendre du gras et perdre du muscle.
S’obliger à sortir pour « faire ses 10 000 pas » alors qu’il pleut, ou se demander si la priorité c’est sa séance ou son mémoire.

La flexibilité n’est pourtant pas que dans l’assiette, alors, peut-on faire la part des choses pour ne pas tomber dans l’extrême ?

Optimiser son mode de vie : fausse route ?

Optimiser son mode de vie, ce n’est pas tout calculer comme un bodybuilder ! C’est trouver le juste investissement par rapport aux résultats attendus et au contexte social.

C’est ne pas en faire trop peu (stimulation physiologique suffisante par exemple) ni en faire trop (ce qui pourrait être inutile ou même contre-productif).
Super ! Si tu n’as pas pour objectif d’être sec et veineux, de monter sur scène en string ou je ne sais quoi, tu n’as pas besoin de peser ta nourriture au gramme près et d’arriver chez tes potes avec ton tupperware!

Comment évaluer le travail à fournir ? Tu peux faire des tests sur toi-même, même si c’est un peu long, ou demander à quelqu’un de qualifié.


On voit beaucoup d’amateurs sur les réseaux dont « la discipline » frôle les troubles du comportement alimentaire et la bigorexie (addiction au sport), l’orthorexie (obsession de vouloir manger sain), l’anorexie athlétique (TCA fréquent dans les sports où le poids est un facteur de performance comme la course ou l’escalade, ou encore dans les sports dont l’esthétique est primordiale comme la natation synchronisée).

De plus, l’addiction au sport n’est pas forcément liée à la quantité de sport effectuée. Une personne peut faire 10 heures de sport par semaine tout en ayant un rapport sain avec le sport (le sport n’empiète pas sur la vie sociale, ne crée pas de conflit, ne nécessite pas d’augmenter encore et toujours plus le volume de travail pour continuer à sécréter des endorphines, ne crée pas de problèmes psychologiques en cas d’arrêt forcé, le sportif accepte les coupures pour partir en vacances par exemple) et quelqu’un qui ne fait que 3h de sport par semaine peut tout à fait avoir ce rapport malsain qui se rapproche fortement d’un phénomène d’addiction (soit l’opposé de ce qui est écrit entre les parenthèses précédentes).

Mais, encore une fois, plus ne veut pas toujours dire mieux.
Vous pouvez laisser ça aux pro si votre objectif est juste de faire du sport pour vous sentir mieux dans votre corps, car « avoir les bases » d’une alimentation saine et une pratique régulière font déjà la grande partie du travail.
Couper les cheveux en 4 n’est pas un investissement rentable si vous ne visez pas la pratique de haut niveau, car le ratio résultats/effort est décroissant. Que ça soit à l’entraînement ou dans l’assiette, au début ça progresse vite, et plus on avance plus les détails et la rigueur sont nécessaire pour faire… des pas de fourmi. Mais ça met du temps à arriver ! Pour le commun de la population il n’y a aucune raison de se prendre la tête (sauf si vous voulez vous créer des troubles psychologiques et sociaux, mais ça c’est votre problème).
Par exemple : Manger sainement et en quantités adaptées suffit à avoir un poids dans la norme et une bonne santé, mais ne suffit pas pour concourir en compétition bikini.

Qu’un sportif pro ou semi pro consacre sa vie au sport, je comprends. Qu’un coach fasse de sa shape et de ses performances la base de sa communication, je comprends. Qu’un amateur qui prépare une compétition (de body, de power, de course… Peu importe) soûle son entourage pendant 3 mois avant de retrouver son rythme de croisière et les vendredis ciné, je comprends.

Mais attention à ne pas surévaluer ce que c’est « avoir un physique de plage » si c’est ton objectif : tu verras que les sixpacks ultra saillants n’existent que sur instagram, et souvent en prime avec une bonne lumière voire même du photoshop. (Je ne suis pas convaincue qu’il faille se préparer pour l’été, mais je peux comprendre que certains aient besoin de se rassurer avant de mettre le maillot, ou qu’ils aient envie de profiter de la mer pour faire de jolies photos de vacances.)


« L’activité (sportive) peut finir par occuper une place disproportionnée dans l’identité de la personne et générer des conflits entre le sport en question et d’autres aspects de la vie» – Centre d’Etudes et de Recherches en Psychopathologie de Toulouse.

Il ne faut pas oublier que le but de ce mode de vie est de se faire du bien, pas d’entrer dans un stress permanent.


Être extrême n’est jamais une bonne chose. Parfois, manger sain n’est plus sain psychologiquement par exemple. Le mieux est l’ennemi du bien, le trop est un excès, pas un idéal.
🔸Vie sociale/familiale, vie professionnelle, bien-être, développement de centres d’intérêt variés sont aussi les composants d’un esprit sain dans un corps sain.
🔸 Choisir sa vie ce n’est pas être dépendant de son mode de vie.
🔸Un peu d’introspection est parfois nécessaire: je n’ai jamais croisé un no life du Jeu vidéo reconnaître ouvertement qu’il fuit son quotidien en se réfugiant dans un monde virtuel.

Et les réseaux sociaux dans tout ça ?


Aujourd’hui j’ai l’impression que certains ne vivent qu’à travers leur téléphone et leur image sur les réseaux. Or, nous avons le droit de ne pas être fitness’ment parfaits, et nous avons le droit de vivre des expériences sans les partager sur les réseaux. Nous avons le droit de voir par nos yeux, et d’apprécier la vie sans juger de la valeur d’un moment par le nombre de likes que son image a généré.
Soit présent et disponible à chaque moment, et tu n’auras pas besoin de photo pour immortaliser ta séance de muscu, ton « cheatmeal » ou tes vacances.

Édit : Je vous conseille également le podcast sur la bigorexie de Dans la Tête d’un coureur, que je viens d’écouter.

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