Le beurre et l’argent du beurre.

L’adhésion.

En ce moment beaucoup de mots sont assez à la mode, mal utilisés, mal interprétés, sur-utilisés. Et perdent leur sens.

Je voudrais revenir sur l’adhésion, parfois abusivement nommée « adhérence », faux ami anglais qui signifie chez nous « État d’une chose qui adhère à une autre. » Ex: L’adhérence des pneus au sol. T’es pas un pneu ? Non. Allez.

Bref. La langue française n’est pas le sujet.

Je vois beaucoup de personnes qui pensent que d’inclure « 20% d’aliments industriels » rend leur diète cool, flexible et « friendly » Et cela leur permet « d’adhérer » à leur diète.

« à leur diète » ça fera sans doute le sujet d’un nouveau post, mais WTF la tristesse de cette expression. Je trouve ça limite carcéral comme terme, même s’il se veut désigner « une façon de s’alimenter » sans signifier un « régime restrictif ». En principe.

Au final, on nous bassine qu’il faut « adhérer à sa diète pour qu’elle soit tenable » donc les gens font presque du IIFYM pour y adhérer.

Mais au final, peut-on appeler ça une diète ton gloubi boulga là ?

Et est-ce que ça signifie que tu dois aimer TOUT ce qu’il y a dedans ? Selon moi, pas forcément. Enfin je ne dis pas qu’il faut manger des aliments que l’on déteste, mais il faut arrêter de croire que chaque repas soit un feu d’artifice de Twix à moitié fondu sur les papilles.
Adhérer à quelque chose, peu importe quoi, un mouvement idéologique, politique, etc, ça ne veut pas dire être d’accord avec tout ou apprécier tout.
Tu peux d’ailleurs très bien adhérer au fait de manger des repas peu plaisants. Ça semble contradictoire, mais pas du tout. Si je te dis « est-ce que tu préfères un menu pro thyroïdien, riche en micro nutriments, mais pas forcément très fun ni très varié, ou est-ce que tu préfères pour le même total calorique (voire un peu inférieur pour compenser la diminution du TEF) une diète avec des aliments que tu kiffes comme du chocolat au lait industriel, qui sera moins bénéfique sur ta santé et tes perfs mais reviendra à peu près au même sur ton physique et sera plus plaisante? ». Tu peux très bien dire « l’option 1 me gave déjà mais je préfère cette idée là et suis prêt à m’y tenir ».
Et là, toi derrière ton écran tu vas me dire « sur le long terme ça ne marchera pas s’il n’aime pas l’option 1 ».
Ok, t’es qui pour dire ça ? Ce n’est pas parce que toi tu n’arrives pas à te l’imposer que c’est le cas de tout le monde. Certains sont capables de manger du foie et des huîtres, et même aimeront ça. Certains aimeront aussi se forcer à faire ce qu’ils n’aiment pas car c’est le meilleur chemin vers leur objectif et c’est ça qui compte le plus pour eux. Il faut juste trouver un équilibre entre les points « plaisir » et les points « effort ».

C’est un peu comme à l’entraînement, il est compliqué d’avoir un training avec uniquement des exercices que tu aimes ET d’avoir un entraînement productif.
Par exemple, je n’aime pas faire les pecs, mais est-ce que pour autant je vais les remplacer par du biceps ? « Ouais j’ai fait le bon nombre d’exos on est bon ». Nan, le « If it fits your volume » ça fonctionne pas. Ya toujours un exo qui te gonfle.

Adhérer à son alimentation signifie que globalement elle te plaît.

D’ailleurs, la plupart des gens ne se posent pas autant de questions. Pour moi l’obsession de se dé-frustrer de l’alimentation relève presque d’un trouble du comportement alimentaire. Nombre de gens qui « avalent un truc vite fait » par manque de temps, de praticité etc et ne se rendent pas malade parce que leur jambon beurre était un peu fade, ce n’est pas parce que tu ne mets pas de « gruyère low fat » sur tes pâtes que tu vas faire une dépression. Calmos.

Certains aliments bruts et sains sont d’autant plus très bons sans être particulièrement cuisinés, tu n’es pas non plus obligé de passer 2h en cuisine à pimper tes légumes pour qu’ils aient du goût, surtout si tu économises l’argent des Twix pour te payer des légumes bio. Parce que de bons légumes ça se mange tout seul, même cuits vapeur. Ce qui est parfait car cette cuisson est l’une des plus conservatrice de nutriments. Oubliée la poêlée de légumes surgelées trop salée qui accroche dans ta poêle.

Manger bon ne veut ni dire manger de la merde à tous les repas, ni passer 14 ans en cuisine, ni absolument kiffer chaque repas. Souvent je mange un truc simple, que j’apprécie car j’ai faim.
D’ailleurs, tu verras que quand on a faim, on est capable d’apprécier à peu près n’importe quoi. Et moins on a faim plus on va se tourner vers des confiseries, des plats sucrés, par « gourmandise ».
Mange parce que tu as besoin de te nourrir, pas parce que tu aimes manger. On a mille autres raisons d’apprécier ce moment où l’on passe à table que de se dire « hmmm quel plaisir de niquer ma santé avec une barre chocolatée industrielle ».
Passer un moment avec ses proches, prendre soin de soi, sentir le goût brut d’un légume, satisfaire sa faim, refaire le plein d’énergie.

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