Ne mange pas trop gras, trop sucré, trop salé

Le sujet sain, le sportif et le sujet porteur de pathologie sont des personnes différentes. Les recommandations sont faites pour le plus grand nombre. Voici pourquoi on te recommande de ne pas manger trop gras, trop sucré, trop salé.

Le sucre, finalement on peut en manger sans problème ? Les acides gras saturés ne vont pas me causer de pathologie cardiovasculaire ? Le sel est essentiel et ne bouche pas les artères ? On peut faire confiance à son corps pour nous dire quoi manger et gérer les excès ?

Mais du coup, ELLE EST OÙ LA DOUILLE ? On nous a menti ? On nous a dit qu’il fallait faire attention à tout ce qu’on mangeait, c’était une blague ? Mais sur quoi sont fondées les recommandations du PNNS, des connaissances des années 80 ?

J’aime bien Instagram. YouTube. Les sites internet. Toutes ces mines d’information qui permettent aujourd’hui de s’informer voire de se former, mais parfois on s’y perd et on se sait plus comment interpréter toutes ces informations contradictoires les unes avec les autres.

Est-ce qu’il y a vraiment du « vrai » et du « faux »? Pas nécessairement. Parfois c’est juste une question de cas et de contexte. Outre les différences interindividuelles, quelque chose peut être vrai pour quelqu’un à un instant T dans un contexte précis et faux pour cette même personne à un autre moment de sa vie avec un contexte différent.

« Consommer du cholestérol n’a pas d’impact sur les taux de cholestérol sanguin si vous êtes en bonne santé » entendrez-vous dans le monde du science-based fitness. Eh bien justement, je pense que dans la population moyenne, les personnes ayant un taux de cholestérol LDL sanguin élevé est relativement élevé, ce qui traduit un problème au niveau de son métabolisme.
« Mais un taux de LDL sanguin élevé n’est pas forcément synonyme de problème cardiovasculaire ». Manque de bol, il n’y a pas que le tabac et l’alcool qui sont des facteurs de pathologie, et il est probable que cette population ait aussi des problématiques de surpoids ou d’hypertension qui vont favoriser le développement de pathologies (comme l’athérosclérose, qui peut conduire à un risque plus élevé d’AVC).
Je ne dis pas qu’il faut jeter des jaunes d’oeufs, je dis juste que dresser un état des lieux physiologique peut être intéressant en cas de doute, cela vous permettra d’en chercher la cause voire y remédier, et pendant ce temps il vaudra mieux éviter de se blinder de cholestérol et d’acides gras saturés (AGS). Et que la modération est de toutes façons de mise dans à peu près toutes les situations que vous rencontrerez.

« L’indice glycémique ne sert à rien ». Hm. Effectivement, si le système hormonal est prêt à l’encaisser, si le foie et les muscles ont la capacité de stocker l’énergie, s’il n’y a pas de surplus calorique chronique. Pour quelqu’un souffrant d’un pré-diabète ou d’un diabète, ce n’est pas la même.

La plupart du temps, ces pathologies sont liées à un surpoids.
« En France, 17 % de la population adulte est obèse, ce qui représente plus de 8 millions de personnes. Maladie chronique évolutive allant de l’obésité simple à l’obésité sévère et/ou complexe, elle est un facteur de risque majeur pour les pathologies les plus fréquentes (maladies cardio-vasculaires, diabète de type 2, etc.) » (Source : solidarites-sante.gouv).

17% d’obésité. Et on ne parle pas ici du taux de personnes en surpoids, ce qui représente 37% de la population française. C’est à dire plus d’un tiers.

Eh bien figure toi que si on commençait à faire du cas par cas dans le PNNS, ça serait un joyeux bordel. « Ne mange pas trop gras, trop sucré, trop salé, sauf si tu cours un marathon par mois ou que tu fais 6h de muscu par semaine, que tu dors bien la nuit, que tu fais tes 10 000 pas par jour et que tu manges du gras bio ».
Les recommandations sont faites pour le plus grand nombre, et si on prend le nombre de personnes en surpoids ou qui tendent à le devenir, devine quoi ? On y est.

Les recommandations de l’état sont-elles optimales ? Non effectivement, pas toujours. On peut se demander si les acides gras polyinsaturés ne sont pas qu’une solution à court terme qui ne résout pas le problème à long terme, mais dans un même temps, ce conseil SIMPLE à appliquer pour la population permet effectivement d’obtenir de bons résultats d’un point de vue épidémiologique. Ça serait un peu comme prendre un médicament avec des effets secondaires : c’est un ratio bénéfice risque.

De plus, avec ce type de conseils, on limite beaucoup les aliments ultra transformés. Avec des aliments bruts, on consomme rarement trop de gras, de sucre ou de sel. Ce qui compte, c’est que les gens mangent moins de conneries, pas vraiment de savoir s’ils consomment plus ou moins d’AGS. Au final, ce qui fonctionne c’est l’association « sel-sucre-gras » avec « produits industriels » que se font les gens. On rappelle également que ce combo est associé à l’hyperpalatabilité, le « goût addictif » qui fait trop manger et donc prendre du poids.

Notons au passage que la recommandation c’est « pas trop ». Pas « pas du tout ». Pas trop = pas au dessus des besoins. Captain obvious, mais c’est quoi mes besoins ? C’est combien ? Ça l’histoire ne le dit pas parce que la réponse est « ça dépend ». Hanhan.

Mais comme on dit : Done is better than perfect.

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